27-28 novembre 2014

Organisé conjointement par:

Date et lieu

Jeudi 27 novembre et vendredi 28 novembre 2014

Titre complet

Mobilisation de la violence politique, querelles théologiques et enjeux géostratégiques au Grand Moyen-Orient et en Afrique de l’Ouest

Résumé

Les évolutions politiques et sociales récentes au Moyen-Orient et en Afrique de l’Ouest montrent que l’Islam politique semble s’être renforcé et avoir gagné en influence depuis le «Printemps arabe». Si le retour de l’islamisme n’était pas totalement imprévisible, sa rapidité et son ampleur ont surpris. Ce colloque interrogera le rapport à la violence que les partis politiques, les principaux mouvements sociaux et mobilisations qui se réclament de l’Islam politique ont développé dans le contexte de l’après «Printemps arabe».  Trois angles seront privilégiés : le positionnement des partis politiques et mouvements sociaux islamistes radicaux les uns par rapport aux autres; le rôle attribué à la violence – rejetée, tolérée ou plébiscitée – comme mode de participation politique ou comme moyen de mobilisation ; les influences des jeux géostratégiques qui impliquent des acteurs régionaux comme l’Arabie Saoudite, le Qatar, l’Iran et la Turquie sur les dynamiques de compétition et/ou de violence des partis et mouvements islamistes.

Comité scientifique

  • Marie Brossier, Département de science politique, codirectrice du Centre interdisciplinaire de recherche sur l’Afrique et le Moyen-Orient (CIRAM)
  • Aurélie Campana, Département de science politique, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les conflits et le terrorisme, directrice p.i du Centre sur la sécurité internationale (CSI)
  • Francesco Cavatorta, Département de science politique, chercheur au CIRAM et au CSI

Auxiliaire pour le colloque

  • Kathleen Soucy, diplômée de la maîtrise des HEI, candidate à la maîtrise en science politique

Programme

JEUDI 27 NOVEMBRE – Jardin des Décanats, Pavillon Ferdinand-Vandry (salle 2855, 2e étage)

16 h – 17 h 40 : Conférence d’ouverture – La Syrie 4 ans après : État islamique, allié de l’indifférence

Salam Kawakibi, Deputy Director – Research Director, Arab Reform Initiative, Paris
Sous la présidence de Sami Aoun, professeur titulaire à l’école de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke
La conférence sera suivie d’une période de questions

17 h 45 – 19 h : Cocktail

VENDREDI 28 NOVEMBRE – Salle 3A, Pavillon Charles-De Koninck (3e étage)

8 h 30   Arrivée des participants et conférenciers
8 h 45   Mots de bienvenue
9 h – 10 h 30 PANEL 1: Labellisation, catégorisation et identités des acteurs et des groupes
  • Categorizing and Labeling Violent Non-State Actors: Lessons from Civil War Research (George Willcoxon, University of California, Berkeley)
  • Les contributions jordaniennes aux débats idéologiques sur la guerre en Syrie
    (Joas Wagemakers, Religious Studies, Radboud University, Nijmegen)
  • Catégorisation et patrouille de la frontière ethno-religieuse : Soufisme et islamisme dans les marches sénégalo-mauritaniennes (Cédric Jourde, École d’Études Politiques, Université d’Ottawa)
10 h 30 – 10 h 45   Pause
10 h 45 – 12 h 15   PANEL 2: Mobilisations islamistes : entre révoltes violentes et résistances pacifiques
  • Islam salafiste au Sénégal et au Burkina: mobilisations politiques et sociales contrastées (des années 1970 à nos jours) (Muriel Gomez-Perez, Département des sciences historiques, Université Laval)
  • «Ce sont les femmes qui tiennent les rues»: les Sœurs Musulmanes égyptiennes entre violence et militantisme (Erika Biagini, School of Law and Government, Dublin City University, République d’Irlande)
  • Débattre le Jihad en Égypte après le Soulèvement de 2011: Prosélytisme non violent en Égypte et Jihad Armé en Syrie (Jérôme Drevon, Durham University, Royaume Uni)
12 h 15 – 13 h 45   Dîner
13 h 45 – 15 h 15   PANEL 3: Dynamiques contestataires et remise en cause des ordres socio-politiques
  • Le parti al-Islah au Yémen : échapper au sort des Frères musulmans égyptiens? (Laurent Bonnefoy, Institut d’études politiques de Paris, Centre d’études et de recherches internationales)
  • Mobilisation communautaire et violence politiques dans le Nord de l’Irak (2003-2014) (Arthur Quesnay, Département de science politique, Université Paris I-Panthéon Sorbonne)
  • État sécuritaire et islamisme dans une Tunisie en transition (Fabio Merone, Université de Gand, Belgique)
15 h 15 – 15 h 30   Pause
15 h 30 – 17 h   PANEL 4: Mobilité des acteurs, circulation des discours et redéfinition des cadres géostratégiques
  • Crise sahélienne et transnationalité : entre radicalisme religieux et enjeux sécuritaires (Bakary Sambe, Centre d’Etude des Religions à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis au sein de l’UFR-CRAC (Civilisations, Religions, Arts et Communication))
  • Les enjeux stratégiques du chiisme. Les intérêts de l’Iran dans le contexte du conflit moyen-oriental  (Paola Rivetti, School of Law and Government, Dublin City University, République d’Irlande)
  • Dynamiques des groupes insurgés : le kaléidoscope malien (Adib Bencherif, Université d’Ottawa, École d’études politiques)
17 – 17 h 30 Mots de clôture

SAMEDI 29 NOVEMBRE

9h-12h Discussion des textes et perspective de publication (fermé au public)

Conférenciers

Adib Bencherif

Adib Bencherif est doctorant en science politique à l’Université d’Ottawa et diplômé de la Maîtrise en études internationales (concentration: relations internationales) des HEI de l’Université Laval. Chercheur associé à l’Observatoire sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord de la Chaire Raoul-Dandurand, il y a été chercheur en résidence entre 2013 et 2014. Il est aussi collaborateur régulier à la Chaire de recherche du Canada sur les conflits et le terrorisme, chercheur junior au Canadian Network for Research on Terrorism, Security and Society (TSAS) et membre du Centre interdisciplinaire de recherche sur l’Afrique et le Moyen-Orient de l’Université Laval.

Erika Biagini

Erika Biagini est doctorante à la School of Law and Government de la Dublin City University, en Irlande. Ses recherches portent sur l’activisme islamiste des femmes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ; elle s’intéresse particulièrement au cas de l’Egyptian Muslim Sisterhood. Elle a obtenu une maîtrise en relations internationales de la Dublin City University (2012) et un baccalauréat en économie internationale pour la coopération, le développement et la paix de l’Université La Sapienza de Rome (2008 ) . Ses précédentes publications issues de conférences incluent « Female Support for Islamist Parties: Beyond Feminist Narratives », présenté à la British Society for Middle Eastern Studies Conference en 2013, et « A Contemporary Overview of Women’s Activism within the Egyptian Muslim Brotherhood: New Spaces, Old Discourses » présenté à l’Université de Warwick, en 2013. Elle a également mené des recherches de terrain en Égypte au cours des années 2013 et 2014 où elle a interviewé plusieurs militants et dirigeants du groupe des Frères Musulmans et du Muslim Sisterhood, de même que des membres d’autres mouvements et partis politiques.

Laurent Bonnefoy

Laurent Bonnefoy est chercheur CNRS au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) de Sciences Po à Paris. Il est membre du programme européen When Authoritarianism Fails in the Arab World (WAFAW). Il travaille sur les mouvements islamistes dans la Péninsule arabique, en particulier au Yémen. Il est l’auteur notamment de Salafism in Yemen. Transnationalism and Religious Identity (Columbia University Press, 2012) et a co-dirigé Jeunesses arabes. Du Maroc au Yémen : loisirs, cultures et politiques (La Découverte, 2013).

Jérôme Drevon

Jérôme Drevon est doctorant à l’Université de Durham au Royaume Uni. Son projet de recherche concerne l’évolution des groupes al-Jama’a al-Islamiyya et Jama’a al-Jihad en Égypte depuis leur émergence jusqu’à leur participation partielle au processus politique après 2011. Cette étude comparative couvre la construction idéologique, l’utilisation de la violence politique et la transformation non violente de ces groupes. Elle est basée à la fois sur un travail de recherche réalisé en Égypte avec les dirigeants et membres de ces groupes ainsi que sur une étude qualitative approfondie de la littérature.

Muriel Gomez-Perez

Muriel Gomez-Perez est professeure agrégée au Département des sciences historiques de l’Université Laval. Ses recherches actuelles portent notamment sur les constructions et revendications identitaires par le religieux dans une perspective intergénérationnelle et du genre et sur la place du religieux dans l’espace public en Afrique de l’Ouest francophone (notamment au Sénégal et au Burkina Faso). Elle analyse également les itinéraires et discours de leaders de l’islam politique et plus largement les rapports complexes entre islam et politique (en particulier élite arabophone/francophone et État) en Afrique de l’Ouest francophone. Elle conduit présentement une recherche subventionnée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) portant sur Femmes, islam et médias en Afrique de l’Ouest. Auteure de nombreux articles, elle a dirigé plusieurs ouvrages dont L’islam politique au sud du Sahara: identités, discours et enjeux (Paris, Karthala, 2005) et L’Afrique des générations. Entre tensions et négociations (avec Marie Nathalie LeBlanc, Paris, Karthala, 2012).

Cédric Jourde

Cédric Jourde est professeur agrégé à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa. Ses intérêts de recherche se concentrent principalement sur les transformations des régimes politiques en Afrique de l’Ouest, ainsi que sur les liens entre islam et politique en Afrique de l’Ouest, dans une perspective comparée et politique.  Il travaille actuellement sur les évolutions des pratiques et discours religieux et politiques en milieu haalpulaar (Sénégal et Mauritanie). Ses travaux ont été publiés dans différents périodiques (dont Comparative Politics, International Studies Quarterly, Journal of Contemporary African Studies, Maghreb Review, Politique africaine) ainsi que dans plusieurs ouvrages collectifs (dont Political Islam in West Africa, ed. W. Miles; Political Ethnography, ed. E. Schatz; Political Transitions Dominant Party Systems, eds. E. Friedman and J. Wong; Le politique en Afrique, eds. M Gazibo et C. Thiriot). Il est aussi éditeur de la Revue canadienne des études africaines, en charge des articles en science politique (politique comparée et relations internationales).

Salam Kawakibi

Salam Kawakibi est directeur adjoint de l’Arab Reform Initiative (www.arab-reforme.net) et directeur de recherche au sein de ce même centre depuis 2006. Diplômé de troisième cycle en sciences économiques, relations internationales et science politique des Universités d’Alep (Syrie) et Aix-en-Provence (France), il est également chercheur associé au centre d’études et de documentation internationale de Barcelone et chercheur non résident à l’Atlantic Council à Washington. De 2000 à 2006, il a dirigé l’Institut Français du Proche-Orient à Alep en Syrie. De 2009 à 2011, il a été chercheur principal à la Faculté de sciences politiques de l’université d’Amsterdam. Il est actuellement membre du Conseil Consultatif de l’assemblée des citoyens et citoyennes de la Méditerranée. Salam Kawakibi est l’auteur de plusieurs ouvrages tels que La société civile syrienne, voix de l’intérieur (Université d’Amsterdam 2013) ou La réforme religieuse dans le monde musulman (IFPO 2003) ; et de nombreuses publications dans des ouvrages scientifiques en arabe, français, anglais, espagnol et allemand sur les sociétés civiles, les médias, les droits de l’homme, les réformes politiques, les migrations et les relations nord-sud.

Fabio Merone

Fabio Merone est doctorant en science politique à l’Université de Gand en Belgique. Sa thèse porte sur la transition démocratique en Tunisie. Il s’intéresse plus particulièrement à l’évolution du phénomène islamiste et salafiste après les révolutions arabes. Ses travaux ont été publiés dans des revues scientifiques dont Middle East Policy, Democratization et Middle East Law and Governance. Il participe par ailleurs, en Tunisie, au débat sur la lutte antiterroriste, en rédigeant des articles en anglais, qui sont parus dans la revue online Tunisia-live. Il collabore aussi actuellement à un projet de recherche avec le professeur Frédéric Volpi de l’Université de Saint Andrews (Royaume Uni) qui s’intitule « Tunisia as a ‘secure state’ : salafism and post-revolutionary politics in the aftermath of Arab authoritarianism », financé par la fondation allemande Gerda Heinkel Foundation.

Arthur Quesnay

Arthur Quesnay est doctorant en science politique à l’Université Paris I-Panthéon Sorbonne, associé de l’IFPO (Institut français du Proche Orient) et analyste pour le think tank Noria. Ses recherches portent sur la construction des conflits communautaires dans le nord de l’Irak depuis 2003. Il travaille également sur les dynamiques sociales des insurrections libyenne et syrienne depuis 2011. Il a notamment publié : « L’insurrection libyenne : un mouvement révolutionnaire décentralisé », dans Amin Allal, Thomas Pierret (dir.), Devenir révolutionnaires. Au cœur des révoltes arabes, Paris, Armand Colin, 2013 ; (avec Adam Baczko et Gilles Dorronsoro), « Mobilisations par délibération et crise polarisante : les protestations pacifiques en Syrie (2011) », RFSP, 2013 ; « Le capital social révolutionnaire », ARSS (à paraitre 2015) et Thawra : anatomie de la révolution syrienne (à paraitre 2015).

Paola Rivetti

Paola Rivetti est professeure de science politique et de relations internationales à la School of Law and Government, de la Dublin City University, en Irlande. Elle est spécialiste de la politique au Moyen-Orient et en l’Afrique du Nord. Ses intérêts de recherche portent sur la dynamique de la résilience autoritaire et de la démocratisation au Moyen-Orient dans une perspective comparée; sur la politique intérieure iranienne; sur la politique de la diaspora. Elle est membre du conseil d’administration du Lund University-based European Iran Research Group (EIRG, www.eirg.org)) et contribue au blogue Presidential Power, où elle suit la politique de l’Asie centrale, incluant l’Iran (http://presidential-power.com/). Elle est secrétaire générale de l’Italian Association of Middle Eastern Studies (SeSaMO). Elle participe à un projet de recherche international sur les cultures des jeunes dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Paola Rivetti a mené des travaux intensifs sur le terrain en Iran depuis 2005 et en Turquie depuis 2009. Elle a publié dans Journal of European IntegrationDemocratization, Middle Eastern Studies, Mediterranean Politics, Alternatives: Global Local Political; Foreign Policy-Middle East Channel; Jadaliyya; et the Chaillot Paper Series. Elle a aussi co-édité ‘Civil Society Effect. Practice and rhetoric in Iran, Lebanon, Egypt and Morocco’ (2010, en italien).

Bakary Sambe

Bakary Sambe est enseignant chercheur au Centre d’Étude des Religions de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal) où il coordonne l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA). Il est diplômé de l’Université Lumière Lyon 2 et est docteur de l’Institut d’études politiques de Lyon, spécialiste des questions internationales et du monde musulman. Ses travaux portent sur le militantisme islamique et les réseaux transnationaux. Ayant participé à plusieurs ouvrages et revues internationales, il a publié en 2011 : Islam et diplomatie aux Éditions Phoenix (USA). Son dernier essai (à paraître) est intitulé Interrogations musulmanes : du rêve de la Oummah au spectre du djihadisme.

Joas Wagemakers

Joas Wagemakers est professeur adjoint et chercheur postdoctoral d’études islamiques à l’Université Radboud à Nimègue, aux Pays-Bas. Ses recherches portent de manière générale sur l’idéologie salafiste et islamiste au Moyen-Orient. Ses travaux actuels s’intéressent au salafisme quiétiste et aux Frères Musulmans en Jordanie. Ses publications comprennent The Transmission and Dynamics of the Textual Sources of Islam (Brill, 2011) et A Quietist Jihadi: The Ideology and Influence of Abu Muhammad al-Maqdisi (Cambridge University Press, 2012). Il a également co-édité un journal de langue néerlandaise sur le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’islam et des blogs sur Jihadica.com.

George F. Willcoxon

George F. Willcoxon est directeur de la recherche chez Valens Global, une société internationale de consultation en stratégie et sécurité basée à Washington, DC. Il est actuellement doctorant en science politique à l’Université Berkeley, en Californie. Sa thèse de doctorat est intitulée : Ordre politique et contre-insurrection : choix stratégique et transformation institutionnelle.  Il étudie la politique de sécurité de l’Afrique et les réformes sectorielles.